NICOLAS N. YANTCHEVSKY 1924-1972

Lot 101
1 000 - 1 500 €

NICOLAS N. YANTCHEVSKY 1924-1972

«Qui écoute mes peines. Mal de Paris», 1950- 1956.
Tirage argentique d'époque monté sur carton, légendé au crayon au dos.
Image: 24 x 17,7 cm; montage: 32,6 x 25 cm
NICOLAS N. YANTCHEVSKY 1924-1972
La collection présentée dans cette vente aux enchères provient des archives personnelles de la fille de Nicolas N. Yantchevsky. Ces tirages d'époque très rares et d'une extrême qualité ont tous été réalisés par l'auteur.
Fils d'un immigré russe, Nicolas Yantchevsky travaille comme régisseur auprès de son père directeur de scène des Ballets russes. Il rencontre à cette occasion Serge Lifar et Boris Kochno avec lesquels il collabore. Munis d'un Rolleiflex acquis en 1949, Nicolas Yantchevsky parcourt les rues de Paris la nuit, les bords de la Seine, les carrefours endormis éclairés par les halos des réverbères.
Fortes d'une atmosphère noire et mystérieuse, ses photographies évoquent les scènes de théâtre qu'il mettait en lumière, comme en 1951, la pièce «Le Vray Mistère de la Passion» donnée en plein air devant Notre-Dame. «Prenant racine dans le réalisme poétique des années 1930, cette veine portée par Roger Schall ou Marcel Bovis reste vivace après-guerre. De René-Jacques à Pierre Jahan, de Sabine Weiss à Robert
Doisneau et jusqu'aux membres des clubs amateurs, nombreux sont les photographes à aborder occasionnellement le motif de la nuit citadine. Mais, plus dense et plus cohérent, le corpus nocturne de Yantchevsky s'inscrit dans la lignée directe du tutélaire Paris de nuit de Brassaï». D. Versavel p.133.
Familier du monde littéraire, Yantchevsky rencontre Jean Cocteau. Il lui présente en 1952 un portfolio de textes du poète illustrés de ses photographies. Ce dernier lui propose de les accompagner de vers et d'une introduction poétique. Mais cette oeuvre Paris nocturne n'aboutit pas. Il faut noter que «les photographies de Yantchevsky ne sont pas sans évoquer l'esthétique noire des films que Cocteau tourne à l'époque.» D. Versavel p.135. «C'est en 1945 que, à peine âgé de vingt et un ans, Yantchevsky demande à rencontrer Georges Simenon, lequel retrouve en lui ‘(s)on portrait à vingt ans 1'. C'est l'amorce d'une histoire d'estime réciproque et d'une fidèle collaboration.... Le père de
Maigret promeut en effet l'usage de la photographie pour les couvertures de ses romans aux Presses de la Cité 2. Pressenti, Yantchevsky réalisera ainsi pas moins de vingt-quatre couvertures pour Simenon entre 1949 et 1958.» D. Versavel p.133.
Créditées souvent du pseudo d' «Andrénic», ses couvertures photographiques de romans policiers à succès laissent une large part à l'imagination du lecteur grâce à son usage des lumières dramatiques et des mises en scène nocturnes. En 1954, les éditions Denoël le convoquent pour la couverture des Hauts Murs d'Auguste Le
Breton. De même que dans les années 30, Man Ray, Robert Doisneau, Marcel Bovis et d'autres ont participé à la réalisation de couvertures de livres. Puis, Yantchevsky publie une série de romans de gangster et d'espionnage sous le nom de Nicolas
Yan. De 1965 à 1972, il est assistant de production du Groupe de Paris qui organise de grands événements artistiques. En 2013, un don de 300 tirages et d'archives par sa fille à la Bibliothèque nationale de France offre l'occasion d'une grande exposition qui lui est consacrée à la Galerie des donateurs «Lumière sur la ville. Photographies de
Nicolas N. Yantchevsky», 25 septembre au 4 décembre 2016.
Bibliographie: Revue de la BNF N°53, 2016, «Nicolas N. Yantchevsky, un photographe sorti de l'ombre.» Dominique Versavel.
1. Dédicace de Georges Simenon à Nicolas N. Yantchevsky, 1945.
2. Francis Lacassin, Conversations avec Simenon, Paris, Ed. du Rocher,2002, p.22.
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