MAURICE DE VLAMINCK 1876-1958 - Lot 5

Lot n° 5
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Estimation :
800 - 1200 EUR
MAURICE DE VLAMINCK 1876-1958 - Lot 5
MAURICE DE VLAMINCK 1876-1958 "Lettre sur la peinture" par Maurice de Vlaminck, août 1914. Document. 7 pages manuscrites, rectos écrits uniquement. 27,2 x 21,2 cm Exceptionnel document par Maurice de Vlaminck dans lequel il narre avec force détails ses goûts pour la peinture et livre quelques leçons de vie. Il commence par affirmer la primauté de l'instinct sur l'École et écrit :"La fréquentation des musées abâtardit la personnalité comme la fréquentation des curés fait perdre la foi. La science tue l'instinct.". Il poursuit sur ce sujet : "Les groupements sympathiques, les écoles, les chefs d'école, les maîtres d'école ; je n'accepte pas ces plaisanteries (...) Quand on considère qu'il faut être plusieurs pour traverser un endroit dangereux c'est qu'on a peur d'être seul". Il évoque le Douanier Rousseau à titre d'exemple de cette primauté de l'instinct et sa "magnifique bêtise". Selon Vlaminck, ce dernier était "si candide" qu'il atteignait parfois le "sensible (...) du primitif". Il conclut ainsi : "On n'apprend pas à être si bêtement génial, même à Rome.". Il évoque ensuite Cézanne le "copain triste", qui "Visant si haut (n'est parvenu qu'à) se rapprocher de la vie.", puis Renoir au "mauvais goût si marqué qu'il s'arrête juste à temps pour ne pas être désagréable.". Après avoir commenté celle de ses illustres collègues, Vlaminck parle de sa peinture en ces termes :"Si le créateur m'a affligé d'un physique peu agréable et irrégulier, je n'ai nullement confiance dans les instituts de beauté pour me faire un masque à la Néron ou un profil comme celui de Monsieur de Max. Tel homme ! Telle peinture ! A cela j'y crois plus que jamais.". Il ajoute : "Si un jour j'avais à juger des hommes, je les condamnerais d'après leurs oeuvres de peintre, et je ne commettrerais pas d'erreurs judiciaires." Enfin, il évoque la Première guerre mondiale qui vient de débuter et que, s'il "supportait mal la bêtise humaine", celle-ci s'est transformée en "une seule chose monstrueuse : la guerre !". Il ajoute "Toute ma confiance dans la civilisation, la science, le progrès, le socialisme, tout s'est écroulé ! Je ne crois plus en rien, je n'ai plus confiance qu'en moi". Il achève ce texte en affirmant que la peinture "ne fait pas de progrès" et donne un conseil aux hommes en général, puis aux peintres : "Si tu veux être un homme, vivre, ne pas mourir avant d'avoir vécu, écarte-toi des idées toutes faites, de la nourriture toute mâchée et des récompenses... Si tu es peintre regarde simplement en toi-même ce que tu aimes bien. Quand on n'est pas stérile on n'adopte pas les enfants des autres."
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